Grand recueil  

 

 
         
 

J'avais trouvé quelques archanges nus dans le désert buvant de singuliers blinis d'étoiles.

Ils portaient au col un jais bleu torsadé en nattes d'apaches.
Leur pâleur astrale avait subjugué la somme des planètes.
Leurs poitrails se fleurdelisaient de lys entrecroisés de segments  et à leurs approche
des salves d'aurores s'épandaient de la bouche des canons.

Un agneau de lait à la toison tressée de ciels nocturnes leur tenait lieu de génie tutélaire.
Ses yeux étaient du bleu du ventre des poissons et de sa gorge ruisselaient des aubes
en embrassements salvateurs.
L'animal dont la voix était semblable à celle du chérubin enrubanné croisée avec l’âme savante
des sorcières impies se prévalait d’un droit de regard sur ces fameux princes des anges.
Le porphyre se mêlait à l'email et l'on avait dissous les ors et pulvérisé les diamants.

On avait de plus calciné les soies de tous les habits sacerdotaux ainsi que
les soutaches des camails des gens d'église dont  l’infatuation avait fatigué nos minerves.
A présent le soleil était en forme de pochoir de son orbe gouttait l'encre verte de la pieuvre.

J’inventais le silence en une cantate muette
tandis que les cieux pyramidaux devenaient un gigantesque tabernacle.

J'étais enfin recouverte de la chlamyde des atomes originels
et de moi s’épandait la lueur de tous les systèmes.
Les archanges pris de vin avaient filé à l’anglaise.

Ainsi me trouvais je en ma seule compagnie que ma foi je ne juge point si mauvaise.

La grande Ourse donnait le sein à son petit
alors que les:pierres étaient redevenues des végétaux splendides
dont l'arôme universel tatouait les peaux.

J'étais pareille au vers luisant des forêts profondes tandis qu’au loin s’exhalait les foudres.